(musique de la séance : Silent Hedges - Bauhaus dans le lecteur Deezer.)

Mechanical Tales reprend.
Parfois dans l’écriture il faut une longue pause avant de pouvoir s’y remettre, surtout quand on a d’autres priorités. Ces derniers mois les poupées n’ont pas été une priorité, il faut dire qu’une mini moi pousse à l’intérieur de mon ventre et occupe pas mal de mes pensées.
Mais il est temps de revenir un peu sur ce plaisir que j’ai à partager avec vous ce texte et ces photos.
En espérant que vous retrouverez le plaisir de cette lecture…malgré le temps écoulé.

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Les jours suivants se ressemblaient comme deux gouttes d’eau qui ne manquaient pas de tomber.

Siegfried guettait un signe d’apaisement des éléments déchaînés. En vain !

La tempête avait ramené une pluie diluvienne qui avait duré une semaine sans interruption et comme si les larmes du ciel ne suffisaient pas à refroidir les âmes, un froid hivernal s’était abattu sur la ville depuis quelques jours.

Si le moral des habitants semblait ne pas souffrir de la colère du temps, il n’en était pas de même pour Coraalis Mauve dont l’enfermement devenait chaque jour de plus en plus insupportable.
Siegfried l’observait nuit et jour espérant un signe de rémission mais chaque matin le rituel recommençait, elle ignorait tout de ce qui s’était passé la veille. Il avait pensé que le journal pourrait l’aider à se souvenir de son passé ou du moins à garder la mémoire d’un jour à l’autre mais non, le mal s’était emparé d’elle aussi comme des autres.

Il ne voyait plus comment enrayer le phénomène.

Il y avait bien sûr le rêve qu’elle faisait invariablement maintenant toutes les nuits, le même rêve indécent qui s’arrêtait toujours au même moment. Il aurait aimé qu’elle puisse avancer dans les évènements de cette journée qui avait marqué un tournant dans sa vie passée et avait été le point de départ d’un nouveau départ pour elle, mais elle butait toujours au moment crucial où elle s’offrait sans pudeur aux trois hommes.

Il avait eu espoir au début que ce rêve réveille tous ces souvenirs, mais au fil des jours ses illusions s’étaient perdues dans un pessimisme sans foi.

Il la regardait impuissant dépérir, le moral au plus bas, l’envie de vivre semblait avoir quitté son corps. Elle passait ses journées à fixer la minuscule fenêtre jusqu’à ce que le sommeil dont elle redoutait l’arrivée s’empare de son corps quelques instants avant que des pleurs et des cris la réveillent. Cela faisait quatre jours qu’elle n’écrivait plus rien dans son journal et deux jours qu’elle refusait de toucher à son repas.

Siegfried avait longuement réfléchi à ce qu’il allait faire, il n’avait plus le choix.
Il avait soigné tous les détails et avait fait en sorte que l’on ne puisse remonter jusqu’à lui. Il avait quitté son appartement pour un plus proche. Il avait eu de la chance : la maison d’en face inhabitée offrait un bon squat pour installer son matériel le temps des préparatifs.
Tout était prêt, cela lui avait demandé du courage.

Il n’était pas sûr de son choix mais en avait-il vraiment d’autres ?
Il descendit les marches de l’escalier jetant un œil à la chambre pour la dernière fois, ses mains tremblaient. Plus jamais les marches de l’escalier ne grinceraient sous ses pas. Oui il n’avait pas eu le choix, il devait s’en convaincre.

Il referma la porte en tremblant et rejoignit sa planque pour attendre.

~~Fin du chapitre 1~~